Le château de La Boissière :
Acheté en 1879 par Olympe Hériot (le Commandant Hériot), le château fut agrandi en lui ajoutant les 2 ailes basses à terrasses dont l'une renferme "la salle de marbre". C'est lui qui fait ajouter au parc les différentes statues de bronze et de pierre. (Vous pouvez visiter le château en cliquant sur ce lien). Bon vivant, il fait peindre en 1892, un tableau le représentant à table avec femme et enfants.
Création de l'orphelinat :
En 1886, le gouvernement décide de construire six écoles militaires pour accueillir les enfants des soldats morts au combat. Ces orphelins de guerre suivaient alors les régiments et partageaient leur vie rude dans de mauvaises conditions morales et matérielles. Rien n'est prévu pour les plus jeunes, seuls les 13-18 ans seront accueillis dans ces écoles.
Cette même année, à cinquante et un an, et trois ans après avoir quitté l'armée, le Commandant Hériot décide de construire à ses frais et sur ses terres un établissement pouvant recevoir ces jeunes enfants.
C'est ainsi que le 4 novembre 1886, entre le ministre de la guerre, le général Boulanger et monsieur Hériot est convenu ce qui suit :
Monsieur Hériot se réserve le droit, pendant la durée de sa vie de disposer dans l'établissement de 10 places qu'il pourra accorder à des enfants de son choix.
Afin d'assurer le fonctionnement de l'établissement, monsieur Hériot s'engage à prendre les mesures nécessaires pour qu'après sa mort soit versé un don de 1 million de francs qui sera employé à l'achats de rentes sur l'état, lesquelles seront affectées exclusivement à l'entretien des enfants et du personnel de l'établissement, ainsi qu'à celui des bâtiments et du mobilier et ce jusqu'à perpétuité...
Les soins des enfants de 5 à 9 ans seront et resteront toujours confiés à des Soeurs de la Charité ou de tout ordre religieux reconnu.
Afin de perpétuer la mémoire des bienfaits de monsieur Hériot envers l'armée, l'orphelinat prendra et conservera dans les établissements de la guerre le nom d'ORPHELINAT HERIOT.
Le ministre de la guerre accepte au nom de l'état, toutes les clause de la présente convention.
Ainsi, le 10 février 1887, sous le commandement du capitaine Magnien, s'ouvrent les portes de l'école pour y accueillir les premiers "poussins".
En 1906, en l'honneur de son marie défunt, Mme Hériot fait ériger un monument de marbre dans la cour d'honneur de l'orphelinat.
Elle y fera graver la devise de l'école : "Ils seront élévés dans le culte de l'honneur et de la patrie"
1914 : la guerre éclate, en 1917, elle fait rage : des morts, des orphelins. Madame Douine-Hériot, continuant l'oeuvre de son mari décédé (en 1899) pense qu'il devient nécessaire d'agrandir l'établissement.
Le 17 mai 1917, Madame Douine Hériot offre au ministre de la guerre la somme de 1,5 millions de francs. Il faudra huit mois de procédures pour commencer les travaux!!! (entre temps, les devis ont augmenté de 80 %). Malheureusement, ils seront entrepris uniquement en fonction des crédits disponibles. La construction des bâtiments médicaux le logement des soeurs et le gymnase sera donc ajournée.
Grâce à la construction des 2 ailes adjointes au bâtiment principal, l'orphelinat accueillera 300 enfants en 1918, tous orphelins.
Le 8 novembre 1920, Madame Douine Hériot complète son oeuvre en faisant don du Castel de Barbe Brûlée à Port Mer, prêt de Cancale afin que puissent passer des vacances dans un autre lieu.
De 1886 à 1966, l'école Hériot sera militaire. Le général De Gaulle, en 1966, décide de fermer cette école. Il a fallu toute l'énergie du dernier commandant de l'école, le colonel Gentilleau, avec l'aide de M Hubert de Saint-Senoch (fils de Virginie Hériot), pour que l'école ne soit pas fermée. Finalement, l'école tombe sous la tutelle du ministère de l'éducation nationale. Tout le personnel militaire est déplacé. On donne le choix au personnel civil : le ministère de la défense (donc transfert du lieu de travail) ou le ministère de l'éducation nationale? Conformément aux voeux de Mme Douine-Hériot, les soeurs de St Vincent de Paul restent sur place jusqu'en 1967 : elles sont alors rappelées par leur congrégation.
Petit à petit, les critères d'admission à l'école s'élargissent et s'ouvrent aux enfants de civils. Malgré tout, les 2/3 des enfants admis (toujours de 6 à 12 ans) sont issus de familles de militaires en difficulté. La tenue militaire disparaît, la mixité arrive.
Bien que notre école "ne soit plus ce qu'elle était", (et encore, faut il s'en plaindre?), l'Ecole Nationale du Premier Degré Hériot (E.N.P.D.) de La Boissière Ecole, garde et gardera, souhaitons-le, sa vocation de prendre en charge les enfants en difficulté familiale ou sociale.
Malheureusement, en juin 2022, l'école Hériot est définitivement fermée sur décision ministérielle.